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Palazzo Suriano – Vietri sul Mare

La maison et son histoire

Relais de charme du 18e s., orné de fresques d’époque, avec vue plongeante sur la côte amalfitaine

Vous avez tous vu déjà des photos de la spectaculaire côte amalfitaine – patrimoine mondial de l’UNESCO –, qui s’étend de Sorrente à Salerne au sud de la péninsule montagneuse et fertile qui ferme la Baie de Naples. Un rempart de rochers abrupts auquel s’agrippent de nombreux ports antiques et médiévaux, ciselés de vestiges d’époque et incrusté d’héroïques légendes. S’y superposent des constructions défensives, typiques des périodes d’insécurité, de nombreux édifices religieux sans âge et des demeures prestigieuses, témoins d’ères de grande prospérité… Ce sont aujourd’hui le tourisme et la gastronomie qui font bourdonner les ruelles escarpées de ces bourgades aux tonalités blanches, jaunes et ocre. Le Palazzo Suriano, authentique logement dans l’histoire, vous y offre une délicieuse escale de paix, propice à la découverte intuitive de ce trésor culturel.

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Dans les maisons anciennes, l’histoire se laisse apprivoiser par tous les sens © Palazzo Suriano

Refuge pour les Romains après les invasions germaniques

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Bronze romain de Mercure le messager – Amalfi © Brenda Kean

Si de premiers colons occupèrent ces falaises à l’époque étrusque et latine, il faut attendre la fin de l’Antiquité pour voir les petits ports isolés s’urbaniser. L’invasion des Goths, au 5e siècle, pousse de nombreuses familles romaines à chercher refuge dans ce décor spécialement difficile d’accès. Amalfi, fondée à cette époque, sera une des premières villes fortifiées de la côte. Ses habitants résistèrent jusqu’au 9e siècle aux attaques des Lombards.

Ambitieuse République d’Amalfi

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Amalfi et son extraordinaire empilement de maisons ©Aleksandrs Tihonovs

La conquête d’Amalfi par le prince Sicard en 838, fut de courte durée. Fragilisée par les attaques des Napolitains (province byzantine) et des pirates Sarrasins, la région tombe dans le chaos. Amalfi en profite pour se déclarer République indépendante. Un statut qui va lui permettre de développer un grand réseau commercial à travers la mer Tyrrhénienne, puis de dominer le commerce maritime italien jusqu’au 11e siècle, longtemps avant Gènes, Pise ou Venise. Ses navires assuraient la liaison avec les ports du Levant, des échanges qui laissèrent une empreinte orientale dans l’architecture de la côte. Cette période faste – Amalfi se hissa même au rang de duché – fut interrompue par les Normands qui se rendirent progressivement maîtres du sud de l’Italie.

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Amalfi et son port aujourd’hui, entre vagues et rocher © Leandero Neumann Ciuffo

Salerne et le jeu des influences

Salerne, juste voisine, est la capitale du Duché de Bénévent sous les Lombards. Ses princes, qui régnaient déjà sur un très vaste territoire, ont pour ambition de dominer toute l’Italie du sud. Mais les attaques des musulmans et les rivalités internes affaiblissent à ce point leur pouvoir que Salerne et ses possessions tombent aux mains des Normands. Le Royaume de Sicile, que ceux-ci fondent alors, sera l’objet de bien des conflits. Les armées de Frédéric II de Hohenstaufen, empereur germanique, celles du duc d’Anjou, frère du roi de France, puis celles du roi d’Aragon vont déferler successivement dans la région pour y imposer l’autorité de leur souverain. Salerne tenta d’y maintenir son influence, sous la conduite des princes de Sanseverino, mais se trompa d’alliés et fut rabaissée dans ses prétentions au profit de Naples. Au 16e siècle, le dernier prince de la dynastie, Ferrante, entra en conflit avec le vice-roi d’Espagne, en réaction notamment à l’inquisition, provoquant la ruine de sa famille et la décadence de la ville.

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Salerne est célèbre depuis le 9e siècle pour son école médicale

Renouveau économique et créativité

La région retrouva sa prospérité au 19e siècle, notamment grâce à l’industrie textile, en dépit des nombreux conflits internationaux et insurrections politiques qui ébranlèrent la péninsule italienne. Les partisans de la réunification italienne y furent nombreux. Plusieurs artistes célèbres séjournèrent sur la côte, séduits par son paysage grandiose.

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Au 19e siècle, les communications entre les villes de la côte amalfitaine sont plus faciles en bateau : seul un petit chemin à flanc de coteau les relie l’une à l’autre – tableau de William Stanley Haseltine (1867)

Vietri sul Mare, sur la route de Naples

Le petit port de Vietri sul Mare, fondé à l’époque étrusque et romaine – et célèbre depuis la Renaissance pour sa production de céramique, connaît un regain économique à cette époque. Un développement qui doit beaucoup à sa situation privilégiée, point de passage terrestre obligé entre la route (puis le chemin de fer) de Salerne à Naples et les villes de la côte amalfitaine.

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Merveilleux panorama sur Vietri sul Mare et la baie de Salerne © Elicus

L’endroit deviendra célèbre après le séjour qu’y effectua le roi Victor-Emmanuel III, lorsqu’il s’enfuit de Rome en 1943, menacé par une insurrection pro-allemande au nord du pays.

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La Villa Guariglia, dont les vestiges principaux datent du 19e siècle, hébergea le roi Victor-Emmanuel III durant une partie de la guerre © Agostino De Maio

Le Palazzo Suriano et son décor précieux

C’est au 18e siècle que fut construit le Palazzo Suriano, dont les terrasses s’étagent entre plage et montagne. La vue sur le Golfe de Salerne et la côte amalfitaine y est éblouissante. Ses salons finement décorés de fresques, de frises et d’arabesques (authentiques ou repeintes à l’ancienne) rappellent que ses premiers propriétaires figuraient parmi les notables de la ville. La famille Suriano, dont les premières mentions remontent au 4e siècle en Sicile, laissa de nombreuses traces dans les archives publiques d’Italie. A la fin du 18e siècle, Giuseppe Suriano fut un des premiers Italiens à se battre pour l’indépendance.

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Le Palazzo Suriano est bien visible le long de la côte, derrière le vieux port de Vietri sul Mare © Palazzo Suriano

© Palazzo Suriano

© Palazzo Suriano

A l’étage, plusieurs des cinq chambres offrent aussi des décors d’origine. Elles sont garnies au sol de splendides carreaux de faïence peints de couleurs vives (majoliques), typiques de la production locale. Paolo Valente, l’actuel propriétaire, a particulièrement soigné l’ameublement de la maison. De nombreux objets d’époque s’y laissent caresser, livres anciens, gramophone, statues, lits métalliques. La jovialité de son accueil vous séduira. Dans les jardins, le vieux puits, les massifs de fleurs, l’ombre des grands arbres et la perspective sur la mer Tyrrhénienne sont inoubliables. Le Palazzo Suriano et ses chambres d’hôtes historiques, constituent un point de chute idéal pour la découverte de la région.

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La bibliothèque, préservée dans son apparence d’époque, est une des pièces les plus inspirantes de la maison, avec sa frise baroque en trompe-l’oeil © Palazzo Suriano

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Équipements

  • 5 chambres (+ de nouvelles en restauration)
  • Salles de bains privative
  • TV, Wifi, AirCo, coffre-fort, mini-bar
  • Petit déjeuner (compris)
  • Salons, bibliothèque
  • Jardins en terrasse avec vue sur le Golfe de Salerne et la côte amalfitaine
  • Langues parlées : italien, anglais
  • Ville la plus proche : Salerne (5 km)
  • Parking privé (sur réservation)
  • Aéroport de Naples : 54 km
  • Gare de Salerne : 6 km
  • Bus, taxis et navettes
  • Non-accessible aux moins valides
  • Familles et enfants bienvenus
  • Animaux de compagnie non souhaités
  • Espaces non-fumeurs

À voir dans les environs

Comme dans toute la péninsule amalfitaine, chaque petite rue, chaque escalier à flanc de coteau vous réserve ses surprises, vieilles demeures aux tons pastel, reliefs sculptés et blasons anciens, fontaines et perspectives originales sur le Golfe de Salerne. A Vietri sul Mare, le musée de la villa Guariglia expose une belle collection de céramiques (faïences), une tradition locale très ancienne, spécialement florissante au 19e siècle. Le dôme de l’église San Giovanni Battista est entièrement recouvert de tuiles vernissées.

Les céramiques de Vietri sul Mare sont réputées pour leurs coloris originaux, dont le fameux « jaune de Vietri »

Les céramiques de Vietri sul Mare sont réputées pour leurs coloris originaux, dont le fameux « jaune de Vietri »

Les amateurs de plage apprécieront la vieille tour Cresterella, vestige des fortifications édifiées au 16e siècles par les Espagnols. Un peu plus loin, les rochers des « Deux Frères », deux bergers que la légende raconte avoir été changés en pierre en tentant de protéger leur troupeau de la tempête.

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© Giorgio Minguzzi

Vietri sul Mare est la « porte d’entrée » de la côte amalfitaine. A quelques kilomètres, vous découvrirez Amalfi et les vestiges de la république importante qu’elle fut au Moyen-Âge, quand son port monopolisait le commerce vers l’Orient. Sa cathédrale St-André, qui remonte au 9e siècle, son campanile et le très beau cloître « du paradis », d’influence orientale, méritent à eux seuls le voyage.

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La cathédrale St-André d’Amalfi est en réalité un complexe d’édifices religieux connectés les uns aux autres © Peter Visser

Tous les villes de la côte amalfitaine vous enchanteront, en bord de mer ou en hauteur – si vous les visitez en dehors des périodes les plus touristiques. Ravello et Positano sont les plus visitées. Les connaisseurs en profiteront pour découvrir quelques vignobles cultivés en terrasses, dont le Costa d’Amalfi.

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La villa Rufolo à Ravello (13e s.) a fait rêver nombre de créateurs, dont Richard Wagner qui s’en inspira dans la composition de son « Parsifal » © Mentnafunangann

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Cathédrale de Salerne © Paul Barker Hemings

Salerne aussi vous ouvre les portes de sa longue histoire. Son centre ancien, au pied du château Arechi, vous plongera au Moyen-Âge. La mosaïque de pierre de sa cathédrale et le style baroque de l’église San Giorgio sont remarquables. Le musée archéologique provincial possède une belle collection d’objets antiques : Rome est bien plus qu’un vieux souvenir en Italie…

Comment ne pas faire un saut jusqu’à Pompéï, au pied du Vésuve, à 25 minutes en voiture. La terrible éruption de 79 après J.-C., qui engloutit la ville et ses habitants effarés sous un déluge de cendres, a figé pour des siècles les corps pétrifiés (en creux), les sols d’époque, les décors peints, les œuvres sculptées et les objets de tous les jours. Un instantané bouleversant de la vie romaine, prospère et insouciante, raffinée mais aussi triviale. Une découverte archéologique majeure, en 1750, qui fut à l’origine de la prise de conscience de l’importance du « patrimoine » pour l’identité culturelle d’un pays.

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Les anciens thermes, à peine endommagés par 1900 ans d’existence, gardent leur mystérieuse lumière de jadis… © Aleksandr Zykov

A lire, regarder ou écouter

 

Amalfi_Palazzo_Suriano-51Pour apprécier pleinement l’atmosphère d’époque du Palazzo Suriano, n’hésitez pas à enrichir votre séjour par quelques lectures (rien ne vaut un bon roman dans l’histoire pour faire revivre un décor ancien). Un film peut aussi stimuler l’imagination, tout comme l’écoute de certains morceaux musicaux vous transporter très efficacement dans le temps… Quelques suggestions:

Apprendre et comprendre

  • Salerne Poestum« Salerne et Poestum« , par Frédéric Mercey
    Peintre, chroniqueur de voyage, critique d’art et romancier, Frédéric Mercey se passionne pour Salerne et la côte amalfitaine. Son récit, publié en 1839, brosse un étonnant portrait de l’Italie de cette époque, pétrie de ses souvenirs historiques. Ses paragraphes, admirablement tournés, font penser à de petits tableaux, truffés de détails concrets et authentiques de la vie quotidienne. Quant à ses descriptions du patrimoine historique, elles sont d’une étonnante érudition (lire un extrait p.692).
  • Amalfi« La République d’Amalfi« , par Frédéric Mercey
    Décidément passionné par la région, Frédéric Mercey tomba aussi sous le charme d’Amalfi. Ce récit, publié un an plus tard que le précédent, explore la période de gloire de l’antique duché à la fin du premier millénaire. On y découvre l’histoire, soigneusement collationnée, de la ville campanienne, dans un texte qui fait la part belle aux descriptions du site au début du 19e siècle. Un ouvrage précieux pour les curieux de l’écriture de l’histoire, en direct (lire un extrait, p.328). 

Livres à savourer pendant votre séjour

  • Pompei« Les derniers jours de Pompeï« , par Sir Edward George Earle Bulwer-Lytton
    Publié en 1834, ce roman dans l’histoire est aussi une pierre blanche dans l’histoire du roman. Une double évasion dans le temps, à la fois dans la Rome du 1er siècle et ses rivalités amoureuses, mais aussi dans le style héroïque et tragique typique du début du 19e siècle – ce siècle qui vit affluer sur la côte amalfitaine tant d’artistes et de créateurs romantiques.

Films à regarder avant de partir

  • Soleil Toscane« Sous le soleil de Toscane« , de Audrey Wells, avec Diane Lane (2003)
    Une sympathique comédie romantique américaine qui vaut surtout pour la beauté de ses paysages et ses ambiances italiennes. De nombreuses scènes du film ont été tournées dans les décors éblouissants de la côte amalfitaine (bande annonce). 

Musiques (d’époque) à apprécier sur place

  • Cimarosa« Concerto pour hautbois en Do mineur« , de Domenico Cimarosa
    Compositeur italien du 18e siècle, Cimarosa est né en Campanie. Il fut un des grands représentants de l’Ecole de Naples. Il écrivit de nombreuses œuvres lyriques jouées à l’opéra. Ce concerto pour hautbois, pétillant de joie de vivre et de langueur méridionale vous transportera à l’époque qui vit s’édifier le Palazzo Suriano (extrait).
  • Rigoletto Verdi« Rigoletto« , opéra de Giuseppe Verdi (1851)
    Un des grands opéras italiens du 19e siècle, mêlant bouffonnerie, passion et mélodrame, tout en évoquant les tensions sociales de la société de l’époque. Son élan lyrique se marie bien avec le décor grandiose de la baie de Salerne. L’œuvre fut jouée à l’inauguration du Teatro Verdi de Salerne en 1871.

 

 

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Authenticité historique
Cadre et atmosphère
Qualité de l accueil
Niveau de confort

18e siècle Manoir Maison/Chambres d’hôtes 150-220€/chambre

Authentique

Palazzo Suriano
Paolo Valente
Via Madonna dell’Arco 30
84019 VIETRI SUL MARE
Italie
Tel. +39 089 84 23 334
Fax +39 089 23 44 50
Site web de la villa

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