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Château de Waleffe

La maison et son histoire

Classé patrimoine exceptionnel pour son décor, ce château accueillant est resté demeure familiale depuis 1706

Qu’est-ce qui confère au Château de Waleffe une atmosphère d’époque aussi prenante, à la fois prestigieuse, artistique et intime ? Est-ce la présence de ses vieux meubles de famille, au parfum de cire ? Sont-ce les portraits des ancêtres qui paradent dignement dans le grand hall ? Les mille chandeliers, porcelaines, vases en cristal et autres tableaux d’époque, à la personnalité singulière, qui tous y ont leur place depuis des générations ? Sans doute l’âme du site réside-t-elle précisément dans le mystérieux dialogue que ces objets entretiennent avec les murs, parés pour les grands jours. Dans l’imperceptible échange de souvenirs qu’ils poursuivent, depuis tant de saisons… Le Château de Waleffe est resté dans la même famille pendant 15 générations : impossible de ne pas capter ses chuchotements complices !

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La façade du château, côté jardin, dont les fenêtres à linteau légèrement cintré sont très novatrices pour l’époque © Château de Waleffe

Le premier château et sa haute tour

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L’ancienne seigneurie de Waleffe, avec sa haute tour © Château de Waleffe

Si c’est l’impressionnante façade du nouveau château, édifié au début du 18e siècle, que l’on découvre en ouvrant les grilles du domaine, la propriété abrite aussi plusieurs bâtiments de l’ancienne seigneurie de Waleffe, dont certains remontent au 14e siècle. On peut encore admirer son beau porche d’entrée, son corps de logis avec ses fenêtres à croisée, une large grange et deux vieilles tours. La plus haute (32 m.) a des proportions très inhabituelles pour l’époque.

Le commerce de la poudre noire

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Jean Curtius © Corso

C’est au 17e siècle que la propriété passe, par héritage, aux mains de Henri et Marie de Corte, tous deux petits enfants du célèbre Jean de Corte, plus connu sous son nom latinisé de « Jean Curtius ». Ce très riche maître de forge, fabricant de poudre et marchand liégeois avait obtenu le monopole de l’approvisionnement d’armes et de poudre à canon pour les troupes espagnoles, alors en guerre avec les protestants des Pays-Bas.

La « Maison Curtius » à Liège, aujourd’hui aménagée en musée, a longtemps abrité sa très belle collection d’œuvres anciennes.

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La Maison Curtius, monumental palais Renaissance, est un des plus remarquables édifices de Liège © Sebess

Le château du « Général Walef »

Henri-Blaise de Corte, feld-maréchal de l’Empire (la Principauté de Liège dépend alors du Saint-Empire) et nouveau propriétaire du domaine de Waleffe, est un vrai aventurier. Militaire, diplomate, écrivain et poète, il est également connu pour ses conquêtes amoureuses. C’est lui qui décide en 1706 de faire édifier le splendide château de style Louis XIV qu’on connaît aujourd’hui. Il fait appel à l’architecte français J. Verniole, qui lui dessine un corps de logis « entre cour et jardin », flanqué de deux ailes latérales.

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Le château de 1706, conçu à la française © Paul Hermans

Les décors de style Marot

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Les très belles rampes en fer forgé du hall, dessinées d’après D. Marot © Château de Waleffe

C’est un célèbre traité de l’ornemaniste français Daniel Marot qui inspirera les décors intérieurs, d’une somptueuse élégance. Contraint à l’exil aux Pays-Bas après la révocation de l’Edit de Nantes, cet architecte protestant avait offert ses services au prince d’Orange, appelé à devenir le roi d’Angleterre Guillaume III. Il suivra les travaux de plusieurs palais royaux dans ses deux pays d’adoption. A Waleffe, son influence est surtout visible sur les ferronneries de l’escalier d’honneur, ainsi que les cheminées et les plafonds, moulurés dans un style Louis XIV très raffiné.

intoHistory TipLe plafond du hall d’entrée, peint en trompe l’œil, met en scène une série d’animaux exotiques, voire fantaisistes : oiseaux rares, crocodiles, hérissons géants, fauves menaçants…

L’influence de l’Orient

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Le salon chinois, avec son décor Louis XIV et ses papiers peint chinois © Château de Waleffe

La décoration du grand salon vous fera découvrir la vision que l’on avait de l’Orient au 17e siècle. Les panneaux sont recouverts de papier de riz (parmi les plus anciens de Belgique), délicatement peints de motifs chinois. Remarquez aussi le mobilier du 18e siècle, en marqueterie liégeoise, et les nombreuses œuvres d’art du bel étage. La chapelle du château, dans une des ailes latérales, vaut aussi une visite, notamment pour sa statue de la Vierge Marie (16e siècle), ainsi que l’ancienne brasserie, située dans la ferme castrale.

intoHistory TipOn raconte qu’une ancêtre perfora de rage les papiers peints du salon avec la pointe de son ombrelle en apprenant les écarts de son de mari.

Les Potesta de Waleffe

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Jean-Louis-René de Potesta

L’héritier d’Henri-Blaise de Corte ayant péri en 1721 en Afrique du Nord où il combattait pour le roi d’Espagne, le domaine passera en 1734 à la demi-sœur d’Henri-Blaise, Marguerite-Philippe de Corte. Celle-ci le transmet à ses descendants, les barons de Flaveau de la Raudière. En 1790, au décès d’Henri-Joseph de Flaveau, dont les armes et celles de son épouse (née Piret du Châtelet) ornent le fronton sud du château, c’est Thérèse de Flaveau, une sœur cadette, qui hérite du domaine. Elle le transmettra à ses descendants, les barons de Potesta qui, depuis cette époque, continuent de veiller sur le château. Avec un soin tout particulier, si l’on songe à la dizaine de changements de régime que la région a connus depuis la fin du 18e siècle…

Les alliés débarquent au château

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© Château de Waleffe

La propriété sera fortement exposée en 1944, quand 500 soldats américains de la 263e Division de Logistique s’installèrent au château pendant quasi un an. Comment préserver tous les trésors accumulés depuis tant de générations en l’absence du baron, prisonnier de guerre ? Les G.I. se montrèrent très sympathiques, mais pas du tout respectueux du site. Ils se chauffaient en faisant du feu dans un fût au milieu du hall, dont la fumée a noirci toutes les fresques. Même les meubles anciens ont failli finir comme bois de chauffage… Seul le caractère en acier trempé de la baronne a permis de préserver le château et de son contenu.

intoHistory TipLa famille se souvient qu’un camion militaire bascula sur son flanc à cette époque, à cause de l’effondrement d’un souterrain de l’ancien château. Un souterrain qui vient à nouveau de céder sous le poids des ans…

Garder vivante la mémoire du château

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La table est dressée dans les cuisines © Château de Waleffe

Les barons de Potesta entreprirent une grande campagne de restauration du site après 1976, date de son classement. On leur doit notamment l’aménagement de l’ancienne ferme en espace de réception et l’organisation de visites guidées du domaine. Le parcours comprend aussi la découverte des pièces de service du sous-sol, dont la grande cuisine de château, couverte de carreaux de Delft. Les objets de la vie courante qui y ont été rassemblés rappellent que de nombreux domestiques vivaient aussi dans ces grandes demeures (et leurs dépendances).

intoHistory TipUne cuisinière du château éprouvait un tel attachement pour la famille, au service de laquelle elle avait travaillé durant 56 ans, qu’elle brûla son livre de recettes avant sa mort, de peur de les voir reproduites à l’extérieur.

Transmettre le patrimoine aux générations futures

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© Château de Waleffe

Ludovic et Marie-Laurence de Potesta, devenus aujourd’hui responsables du domaine après 30 années passées aux Etats-Unis, sont décidés à explorer de nouvelles stratégies pour valoriser cet extraordinaire patrimoine et en assurer la survie. A côté de la location des salons pour des mariages, réunions et autres événements festifs, le château accueille aujourd’hui des hôtes dans ses chambres d’époque. D’autres projets plus créatifs sont mis en place en parallèle : valorisation des produits du terroir, séjours personnalisés pour groupes étrangers, partenariats avec des acteurs de la région… L’hospitalité en est toujours le maître-mot.

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Équipements

  • 5 chambres historiques avec salle de bain privée
  • Wifi (dans plusieurs chambres)
  • Petit déjeuner (et table d’hôtes gastronomique sur demande)
  • Salons / salle à manger / cuisine / feu ouvert / billard / bibliothèque / chapelle
  • Machine à laver et sèche-linge (sur demande)
  • Ascenseur
  • Jardin / parc / terrain de tennis
  • Durée minimum de séjour : 2 nuits
  • Organisation d’événements, mariages et soirées (grands espaces de réception dans la ferme attenante)
  • Langues parlées : français, anglais, espagnol
  • Villes les plus proches : Liège et Namur (30 km)
  • Parking privé (jusqu’à 500 places)
  • Aéroport de Bruxelles National : 80 km (navette sur demande)
  • Gare de Waremme : 9 km
  • Héliport
  • Il est recommandé de disposer d’une voiture
  • Familles et enfants bienvenus
  • Animaux de compagnie acceptés
  • Espace classé non fumeurs

À voir dans les environs

Si les espaces du château regorgent de souvenirs culturels, la campagne environnante vous séduira surtout par son calme : Faimes est avant tout une commune rurale.

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Ferme Hottine à Hermalle (Faimes), typique des fermes en carré de Hesbaye © Maison du Tourisme

Comme toutes les distances sont courtes en Belgique, il ne vous faudra guère plus de 35 minutes pour rejoindre Liège ou Namur en voiture, deux villes riches en musées et quartiers historiques. Bruxelles, Anvers et Aix-la-Chapelle sont, elles, à une heure de route.

La gastronomie est aussi au rendez-vous à Waleffe (viandes fumées, bière, vins de fruits…), avec notamment les journées « terroir du passé ».

A lire, regarder ou écouter

 

Daniel_MarotPour apprécier pleinement l’atmosphère d’époque du Château de Waleffe, n’hésitez pas à enrichir votre séjour par quelques lectures (rien ne vaut un bon livre d’époque pour faire revivre un décor ancien). Un film peut aussi stimuler l’imagination, tout comme l’écoute de certains morceaux musicaux vous transporter très efficacement dans le temps… Quelques suggestions:

Livres à savourer pendant votre séjour

  • « Les Fausses confidences » (1737) ou « Le Triomphe de l’amour » (1732), par Pierre de Marivaux
    Deux œuvres théâtrales jouées quelques années après l’édification du château de Waleffe, mettant en scène des relations amoureuses complexes, dissimulatrices et prudentes, à l’image des intrigues qui se nouaient dans les demeures aristocratiques de l’époque. La plume de Marivaux, tout à la fois savante et espiègle, en rend la lecture particulièrement savoureuse.

Film à visionner avant de partir

  • « Un Château en enfer« , de Sydney Pollack (1969)
    Une rocambolesque aventure telle qu’on les aimait dans les années ’60, avec Burt Lancaster à la tête d’un détachement de soldats américains retranchés dans un château médiéval belge à la veille de la Bataille des Ardennes. Alors qu’on redoute une attaque allemande, la maîtresse des lieux déploie tous ses charmes pour préserver l’antique demeure et son précieux décor de l’indiscipline des G.I…. Faits d’armes héroïques, romance et humour Yankee sont les trois ingrédients principaux de ce film, amusant parce qu’il évoque (de loin) l’ambiance qui devait régner à Waleffe durant l’année où son château a accueilli l’armée US (voir bande annonce).

Musiques (d’époque) à apprécier sur place

  • « Pièces pour clavecin » et « Cantates profanes« , de Jean-Philippe Rameau
    Ces airs envolés, typiques du début du 18e siècle, figurent parmi les premières créations du compositeur, avant sa consécration dans l’art lyrique. Ils sont si légers, si dansants, qu’ils font résonner les murs du château comme à l’époque où des musiciens en livrée meublaient ceux-ci de leurs notes insouciantes.

 

Pour votre facilité, plusieurs liens ci-dessus renvoient vers la description des œuvres sur Amazon. Si vous décidez d’en acquérir l’une ou l’autre via cette plateforme, intoHistory percevra une (petite) commission qui l’aidera à couvrir ses frais de fonctionnement.

Appréciation des visiteurs

Évaluation selon 1 avis:

Historical authenticity
Ambiance and settings
Quality of welcome
Degree of comfort

Martin en Annelies

29-08-2016

Een verrassing ten top bij aankomst qua ontvangst, bediening en gastvrijheid.
Het kasteel met zijn authenticiteit, pracht en praal die nog het gevoel en de warmte uitstraalt als vroeger waardoor je vergeet in welke eeuw we nu leven maar met het comfort van nu is magnifiek. En hoe het kasteel leven ingeblazen wordt door randanimatie en nevenactiviteiten door de inzet van mensen die daar hun hart aan verloren hebben zoals ook jullie,en door jullie, wij met veel plezier ons steentje bijgedragen hebben door daardoor te kiezen voor Chateau de Waleffe.

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Authenticité historique
Cadre et atmosphère
Qualité de l accueil
Niveau de confort

18e siècle Château Maison/Chambres d’hôtes 100-150€/chambre

Décor authentique,
à l'ancienne

Château de Waleffe
Ludovic et Marie-Laurence de Potesta de Waleffe
rue de Borlez 45
4317 FAIMES
Belgique
+32 19 56 60 34
+32 475 43 23 72
Site web du château

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